Raphael L. Black Call me GOD ♦ and prostrate you

Nombre de messages: 546 Age: 18 Crédit: beatnik beast Pseudo: Tenshi Date d'inscription: 29/09/2007
« Mon petit moi » âge du personnage: 23 ans citations: relations:
 | Sujet: toi, le piano, et moi (pv.gwen) Dim 14 Mar - 19:49 | |
| Raphael se demandait sérieusement ce qu’il faisait là. Accoudé au rebord de la fenêtre ouverte de sa chambre, il fumait cigarette sur cigarette sans même remarquer que son paquet serait bientôt vide. Il admirait la fumée s’échapper d’entre ses lèvres s’évanouissant sous le soleil couchant. Et il songeait avec justesse que sa seule compagne resterait à jamais cette tige blanche. Sa seule amie. Il se sentait si pathétique surtout lorsque sa dernière amie ne fut plus que cendre. Il contempla quelques secondes – ou quelques minutes, il n’avait plus conscience du temps – le tas de cendre qui s’était formé devant lui. Est-ce qu’il ne restait plus ça ? C’était déprimant. Réellement déprimant. Il détestait avoir des pensées noires. N’était-il pas parti du cocon familial, de la ville où il avait vu sa meilleure inanimée pour justement s’échapper des ténèbres qui commençaient doucement mais sûrement à l’entourer ? Oui, il était parti pour ça, il avait fui, pas courageux pour un sou, n’ayant aucune envie de se battre contre le chagrin. Et maintenant, il se rendait compte que ça n’avait servi à rien. A rien. Car il était seul. Solitude. Il détestait ce sentiment. Cet isolement il l’exécrait. Mais il le subissait en permanence lorsqu’il se trouvait dans son appartement qu’il jugeait vide. Vide de tout, sans âme. En effet, les mûrs étaient blancs, les meubles étaient simples, tout était rangé, rien ne trainait au sol. On aurait pu croire que la personne qui habitait ici était en vacances. Mais non, il habitait bien là, mais pas souvent. Il s’arrangeait toujours pour ne pas y être. Et pourtant à cet instant, il était là. « Seul. » Le brun soupira fortement. Il se dit qu’il aurait du crier ce mot, peut-être que quelqu’un l’aurait entendu et aurait eu pitié de lui. Il s’en foutait à présent que quelqu’un vienne par pitié, il voulait juste ne plus être seul.
Le soleil était définitivement mort, la lune avait pris sa place, fière et lumineuse. Raphael aimait la nuit. Il ne savait pas pourquoi, peut-être parce que ces illusions se transformaient plus facilement en réalité dans la noirceur de la nuit. « Il serait peut-être temps de sortir ! » Il avait retrouvé toute sa vivacité perdue et s’en voulait de s’être apitoyé sur son sort. Après tout, il ne pouvait que s’en prendre à lui-même. Il savait très bien qu’en partant il abandonnait beaucoup de choses mais surtout de personnes chères derrière lui. Il n’osait même pas téléphoner à sa famille pour les rassurer sur sa santé. Il avait honte, maintenant qu’un an était passé, il avait honte d’être parti soi-disant à l’aventure, encore plus honte de ne pas avoir été fort pour sa meilleure amie, d’avoir abandonné sa sœur, d’avoir trompé sa petite-amie. Essayant tant bien que mal de chasser cette vague de culpabilité, il prit promptement sa veste, son portefeuille, les clés de l’appartement et sortit de chez lui. Il espérait secrètement se perdre un jour dans les rues d’Amsterdam, mais malheureusement, ayant une âme d’aventurier, il avait un sens de l’orientation aiguisé et pas moyen de se tromper de chemin. Le bruit de ses pas résonnait dans les rues silencieuses alors qu’il s’approchait tout doucement d’une zone plus éveillée de la ville. Se noyer dans l’alcool, voilà une mort lente mais délicieuse. Non ? Il ne savait pas trop. En tout cas, il s’était aperçu qu’il tenait plutôt bien l’alcool. Dommage. L’alcool ne pouvait pas le nuire. Et puis, il était trop peureux et pas assez suicidaire pour se droguer. Alors il existait comme il pouvait. Seul. En essayant de rencontrer le plus de monde pour atténuer ce sentiment destructeur.
Raphael poussa la porte du bar. Il le fréquentait souvent et connaissait bien ces clients. C’était ici qu’il « gagnait sa vie » le plus souvent. En effet, il aimait venir ici pour jouer du piano. Ce dernier se trouvait au milieu de la salle, trônant fièrement. Après un bref signe vers le propriétaire du bar, le jeune homme sut qu’il avait l’autorisation de trôner pendant un certain temps qui n’était jamais fixé d’ailleurs. Parfois, il jouait pendant trente minutes, pas suffisamment longtemps pour se perdre dans ses souvenirs, et parfois il jouait toute la soirée, plongé entièrement dans son passe. Il alla s’asseoir sur son trône, ne jetant même pas un regard à son futur public. Rien ne comptait dès à présent à part la mélodie mélancolique qui s’échappait de l’instrument sous la pression de ses doigts. Il jouait rarement des morceaux joyeux, considérant que ces morceaux étaient faits pour être partagés et qu’il n’avait plus personne avec qui les partager. Avant il y avait eu sa sœur. Elle n’était plus à ses côtés. Non, il n’était plus à ses côtés, voilà la vérité. C’était lui qui était parti pas l’inverse. Ses doigts quittèrent les touches du piano et il leva les yeux. Il balaya pour la première fois de la soirée la salle, cherchant une tête connue. Son regard se posa sur plusieurs têtes blondes. Il ne pouvait s’empêcher de les comparer aux deux femmes qui avaient été sa vie auparavant : sa sœur et sa meilleure amie. Gwendolyn et Léonie. Gwen … « Gwen ?! » Sa voix n’avait été qu’un murmure et heureusement. Car il pouvait très bien se tromper, ce n’était pas forcément elle. Et d’ailleurs, il ne l’espérait pas. Il ne voulait pas subir son courroux. Pas ce soir. Pas demain. Jamais. Il s’en voulait déjà assez. Il reprit alors son activité, n’ayant aucune envie de savoir s’il avait halluciné ou non. Avec un peu de chance, si c’était elle, elle partirait avant qu’il n’arrête de jouer. Sans s’en apercevoir, il commença à jouer l’un de leurs morceaux. Adolescents, ils s’étaient mis en tête de composer leurs propres partitions. C’était sa préférée. Leur préférée d’ailleurs. Il se rendit compte alors qu’il était à la moitié du morceau qu’il jouait leur propre musique. Son cœur se serra. Se rappeler constamment de son regard joyeux lorsqu’ils pianotaient ensembles lui faisait mal. Atrocement. Est-ce qu’elle aussi souffrait ? Ou lui en voulait-elle tellement qu’elle ne ressentait aucun chagrin ? |
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