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 j't'veux, maintenant... pas le choix. enzo

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r. meike weilburg



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MessageSujet: j't'veux, maintenant... pas le choix. enzo   Ven 26 Fév - 8:51


Un rayon de soleil. Un rayon de soleil en trois semaines de pluie. Que le temps était merdique. J'étais encore et toujours perchais sur le rebord de ma fenêtre. Je regardais le paysage changeait. Le ciel passait d'un gris austère à un bleu un peu pale. On pouvait voir se dessinait un arc-en-ciel au loin. Peut-être pour une fois en six ans, je serais de très bonne humeur ! Hum, il fallait voir. Je détournai mon regard du ciel et de la ville d'Amsterdam, pour posait celui-ci sur mon appartement. Toujours aussi gris, sans vie et sans gaité. Un énorme chat était affalé sur un des deux canapés qui trônaient dans mon séjour. Comment était-il arrivé là ? Tel était la question. Il était mon seul compagnon, je l’avais remarqué devant mon pallier. Il était trempe, j’avais eu pitié de lui. Il me fessait penser à ma personne quand j’avais quitté le pensionnat. C’était un SDF, j’avais eu de la chance de ne pas le devenir… J'avais envie d'évidement. Durent un petit moment. Je quittais mon perchoir pour me retrouver au pied de l'escalier qui mena à l'étage... Je ne pris pas ce chemin, je me traçai un passage entre les bouteilles de bières, les cadavres de mégots et les emballages de préservatifs vides... Non, non ce n'étais pas moi qui avait écoulés tout le stock. J'avais quelques peu invité des amis, qui eux-mêmes avaient invités d'autres amis. Du coup, il y avait eu une petite beuverie suivie d'une sauterie chez moi. Le chat n'avait pas apprécié le fait qu'on s'envoie en l'air dans SA pièce préférée : le salon. Monsieur ou madame était devenu très difficile. Ben oui, je n’avais pas été voir s’il s’agissait d’un chat ou d’une chatte. Mon dieu s’il s’agissait d’une femelle, je devrais tuer ses petits. Prions pour qu’il s’agisse d’un mâle. Pas de petits. Pas d’emmerdeur…

Pour le moment, le plus important était le petit sachet qui se trouvait sur la table. Je serais près de mon moment de bonheur à l'état brut. Je me posai sur le canapé - celui où il y avait le gros chat, celui-ci miaula mécontent de l'affaissement que j'avais produit sur son précieux lit - et je soulevais le petit sachet transparent. Bientôt... Je retrouvais rapidement les réflexes que j'aurais oubliés en un mois d'abstinence - je ne mettais pas fait un rail de coke depuis un long mois - j'avais préféré joint ou encore le champignon hallucinogène ... Bref, j'attrapai la carte de crédit qui se trouvait dans mon sac - même si mon compte n'était pas rempli au maximum, je gardais ma bel carte de crédit sur moi . J'effritai les grains que je venais de sortir de l'emballage transparent. Je roulai ensuite un billet de dix euros, m'agenouillant tout en contemplant les quatre petites lignes parfaitement parallèles qui se trouvaient devant moi... J'aspirai... Et de une... douce plénitude... et de deux... une chanson entraînante dans la tête... L'euphorie commençait à monter... Je marquai une pause, profitant de l'instant présent avant de replongeais ma tête vers la table basse. Trois. Quatre... Des éclats de rires incontrôlés et des jolies étoiles partout C'était si bon, pourquoi avais-je arrêté ? Quelle idiote avais-je été... Je poussai un soupire. Bien-être... Du bonheur à l'état pur, brut, natif, volcanique, quel pied ! Je ne m'étais pas senti aussi bien depuis la fois où j'avais effectué ce petit rituel avec lui. Enzo. Voilà un mois que je ne l'avais pas tourmenté. Quelle folle fessais-je. Il était devenu - depuis six ans - ma marionnette. Ma marionnette personnelle. Je ne l'avais même pas manipulait depuis un mois. Nous nous étions vus, mais sans plus. Rien que des paroles. Des gestes. Des verres d'alcool. Un plaisir charnel. Une nuit sans lendemain...

J'attrapai alors mon cellulaire, que je venais de découvrir sur un paquet de converse. Qu'est-ce qu'il foutait là ? Je m'en foutais un peu... Je fis défilais mon répertoire. Anouk. Blaise. Emilie. Enzo... J'appuyai sur le petit téléphone vert et attendis les trois sonneries. Il devait dormir, en décuvant sa nuit. Je savais qu'il avait une soirée prévue. Et oui, en tant que maîtresse de cette marionnette, je savais pratiquement son emploi du temps. Je connaissais ses sorties. Ses loisirs. Ses fréquentations. Ce qu'il aimait faire de ses mercredi ou de se vendredi soir... « Enzo. C'est Meike. Retrouve-moi en ville. Red light district pour dix heures et demi, à l'endroit habituelle. Pas de retard, s'il te plait. » Ma voix n'était pas le moins du monde assurée. Il serait rapidement en écoutant mon message, que j'étais sous l'emprise de la drogue. Il m'avait vu pire, je pense. De toute façon, Enzo n'avait vraiment pas le choix. Il devait se pointer au rendez-vous, car il savait très bien que je pouvais me montrer très caractériel et imprévisible. Il savait que j'étais capable de débouler en pleine nuit chez lui. Même si Magdalena ne serait pas très heureuse de me voir, dans cet état... D'ailleurs, je ne savais pas qu'ils se connaissent jusqu'à qu'elle m'invite chez elle. Une réunion entre filles. Moi qui n'aimais pas ce genre de choses j'avais été servi...

Bref le plus important, ce fut d'aller me passer des vêtements sur mon corps à moitié nue. Je ne pensais pas qu'il serait trop sage de sortie comme ça. Même s'il fessait soleil, le mauvais temps était quand même présent. Je me relevai péniblement. Le chat était encore plus mécontent qu'avant. Il hérissa les poils et pris mon avant-bras pour un bon steak. Il venait de plantais ses dents pointus sur mon avant-bras fragile et blanche... « Maudite bestiole, tu vas voir si je te mors ... » Je ne m'attardai pas trop sur lui, je partis directement dans ma chambre. Je me pris à plusieurs reprises les parois de plâtres qui séparaient les pièces. Rapidement, j'enfilais sur mon shorty blanc un Tregging noir - vous savez ce genre de leggings, mais en plus épais façon pantalon en cuire - par-dessus un t-shirt imprimé avec l'esprit rock. Ma veste en cuir noir comme le grand rockeur de années quatre-vingts et je repartis dans mon salon. J'enfilais mes low-boots noir, attrapa mes lunettes qui étaient à la mode en ce moment et mon sac... Je ne m'étais pas habillé pour lui plaire loin de là. Certes, il était séduisant. C'était ce qui m'avait fait flasher la première fois. Je ne pouvais pas être amoureuse de lui. De personne d'ailleurs, sinon que deviendrais-je ?

Je ne devais pas me poser ce genre de questions. Je lui envoyai un second message « J'espère que tu ne te défileras pas, car tu sais que cela ne servirait à rien... » Je quittai mon appartement, tout en laissant le chat sans nourriture. Il m'avait fait mal, je lui ferais mal d'une façon ou d'une autre. Je n'aimais pas la violence gratuite envers les animaux. Je lui donnais simplement une correction.

Amsterdam. Red light district. Dix heures moins le quart. J'étais en avance encore une fois. Je n'attendais plus que lui. Il avait intérêt de venir, car j'avais besoin de le voir. Il était devenu comme une drogue pour moi. J'avais besoin de lui, je voulais ma marionnette, ici maintenant... Tout de suite... Tel un caprice de gamin… Moi, gamine ? Non, jamais. <- sourire diabolique.

comme je te l'ai dit c'est pas super super 43


Dernière édition par r. meike weilburg le Sam 27 Fév - 12:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: j't'veux, maintenant... pas le choix. enzo   Ven 26 Fév - 23:04

Je regardais par la fenêtre. Visiblement, il ne pleuvrait pas aujourd'hui. Du moins, dans la théorie il ne pleuvrait pas. Aux dernières nouvelles, je ne m'appelais pas encore mister météo. De toute manière, qu'il fasse beau, qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige, ce n'était pas cela qui allait m'empêcher de sortir aujourd'hui. J'avais eu droit à un jour de congé, pourquoi ? Aucune idée. Mais, dans tous les cas, je comptais bien en profiter. La maison, qui n'était pas la mienne, était vide. Magdalena était sortie faire je ne sais trop quoi. Elle faisait ce qu'elle voulait après tout, je n'étais pas son père. J'observais le salon, depuis le canapé - qui me faisait office de lit - ; pas de décoration particulière, pas de meubles excentriques. J'avais bien envie de taguer tout cela, histoire de donner un peu de couleur à ces murs ternes. Mais, en y réfléchissant, si je faisais cela, elle me foutrais à la porte, illico presto. Déjà qu'elle n'appréciait guère le fait de savoir que je me droguais chez elle, si en plus que commençais à refaire la déco... Je n'osais même pas imaginer le carnage. Je me levais péniblement. Un mal de crâne désagréable se fit sentir dès la minute où je me redressai. Gueule de bois de merde. J'avais trop fait la fête. Si cela continuait ainsi, en plus d'être un fumeur accroc à la nicotine et un toxicomane, j'allais finir par devenir alcoolique. Comme ma mère. Non, il en était hors-de-question. Je ne voulais pas ressembler à ma mère. Ni à n'importe quel adulte de ce bas monde. Qui a dit que les enfants admiraient leurs parents ? Que de conneries. Je soupirai, comme toujours. Je n'étais pas d'une humeur géniale visiblement. Je me dirigeais vers la salle de bain, à la recherche d'un cachet d'aspirine. Je me regardais dans la glace. J'étais torse nu et je portais encore le pantalon d'hier soir. De petites cernes s'étaient formées sous mes yeux. Je n'aimais pas les cernes. Je passai ma main droite sur mon bras gauche, complètement recouvert de tatouages. Une des plus belles œuvres de Baldwin. Je secouai la tête. Chopant le paquet d'aspirine, j'en foutu deux dans un verre d'eau présent sur le lavabo. Je bus finalement le tout et pris une douche glacée. Au moins une chose dont Magda ne pouvait pas se plaindre : je ne bousillai pas son ballon d'eau chaude. Je m'habillai ensuite simplement : Jean bleu pâle et tee-shirt sans manche blanc. Pas d'accessoires, pas de trucs superflus. Je paraissais déjà assez excentrique comme ça avec mon bras tatoué. De retour dans le salon, je parti à la recherche de mon téléphone portable, une antiquité qui marchait toujours malgré les années qui passaient. Il se trouvait sous une de mes godasses. Tandis que je laissais le vieil appareil se mettre en route, je cherchais la deuxième chaussure, celle qui allait de paire avec l'autre. Mais j'abandonnai vite cette idée lorsque je m'aperçus que deux messages avaient été laissés sur mon répondeur. « Vous avez deux nouveaux messages. Message un, reçu aujourd'hui à huit heure trente deux : Enzo. C'est Meike. Retrouve-moi en ville. Red light district pour dix heures et demi, à l'endroit habituelle. Pas de retard, s'il te plait. » Je fronçai les sourcils tandis que l'agaçante voix de ma messagerie me proposait plusieurs options. Pourquoi Meike voulait me voir aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'elle mijotait encore ? Il était impensable de m'imaginer aller à ce putain de rendez-vous. Surtout qu'elle avait l'air défoncée. Elle voulait quoi au juste ? Mais je coupa cours à mes interrogations lorsque la bonne femme du répondeur commença à annoncer le deuxième message. « Message deux, reçu aujourd'hui à huit heure cinquante six : J'espère que tu ne te défileras pas, car tu sais que cela ne servirait à rien... » Qu'est-ce qui ne servirait à rien ? Si je ne voulais pas y aller, je n'irais pas. Merde ! Cette fille n'était vraiment pas nette. Trop dangereuse. Trop étrange aussi. Mais ses mots résonnaient dans ma tête. « J'espère que tu ne te défileras pas. » C'était un défi ? Une menace ? ... Red light district... Le quartier rouge, là où les touristes pullulaient de partout à chaque moment de l'année. Tsss. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien vouloir ? J'étais trop curieux. Mais je voulais savoir ce qu'elle me voulais. Je regardai l'heure qu'indiquait mon antiquité de portable : neuf heure vingt-sept. J'avais une bonne demi-heure pour m'y rendre. Et tel un petit pantin sans liberté ni jugement, je pris mon skate, les clefs de la maison. Laissant tout mon bordel en plan. Magda allait encore me gueuler dessus. Je n'avais pas rangé ma "chambre". Je sortis rapidement. Un mauvais pressentiment persistant me taraudant toujours l'esprit. Je n'aimais pas cela, mais, même si j'avais décidé de ne pas y aller, elle serait venue par ses propres moyens. Je n'avais absolument pas envie qu'elle débarque dans la maison de ma meilleure amie, elles n'étaient pas censées se connaître. Et, les connaissant aussi bien l'une que l'autre, j'étais quasiment persuadé qu'il ne valait mieux pas qu'elles face connaissance. Je m'élançais sur ma planche. Celle qui m'accompagnait depuis le lycée ; comme la nicotine. Je fis un détour par Rembrandtplein, le centre d'Amsterdam, pour voir le marché aux fleurs. Et ma mère par la même occasion. Non, elle n'était pas fleuriste mais elle achetait souvent des tulipes jaunes ici. Je détestais les tulipes jaunes. Je n'avais jamais aimé les fleurs en général. Cela sentait comme pour essayer de manifester leurs présence en permanence. Les fleurs n'étaient que des plantes aimant faire leurs intéressantes. Je détestais les gens ne sachant pas quand se la fermer un peu. « Une petite fleur, jeune homme. » Sursautant, je faillis tomber de mon skate. Un vieux bonhomme, me regardant avec un air de saint, se tenait à ma gauche, derrière son petit stand. « Non merci, ça ira. Je n'aime pas ça. » Et je m'élançai, jetant un coup d'œil à mon téléphone. Dix heure deux. Oups. J'allais arriver en retard. Mais tant pis. Je n'avais pas besoin de me presser. J'étais encore en droit d'arriver à l'heure qui me plairait.

Red light district, dix heure douze. J'arrivais tranquillement à l'endroit du rendez-vous. Cherchant Meike du regard. Quelle idée de se donner rendez-vous dans le coin le plus touristique de la ville ! Elle n'avait rien dans le crâne ou quoi. Je m'avançais doucement, m'engageant sur le trottoir. Je vis les gens s'écarter à mon passage tout en marmonnant des jurons dans leurs barbes. Je les faisais chier avec mon skate-board. Enfin une occupation distrayante. Je souris. « Dégagez le passage, je passe. » annonçai-je haut et fort pour les emmerder un peu plus. Voilà qui me mettais de bonne humeur. Faire chier le monde, quelle adorable distraction. Mais mon vil plaisir fut de courte durée. Devant moi, j'aperçus la jeune blonde qui m'avait donné rendez-vous. Elle tapait du pied d'impatience. Je regardais l'heure, dix heure et quart passé. Elle allait peut-être s'énerver. Pfiou. Elle n'allait pas faire la fine bouche quand même ! Elle pouvait s'estimer heureuse que je soit venu ! Je m'avançais. Quand, une idée farfelue et gamine me traversa l'esprit. Je pris de l'élan une fois encore pour faire avancer ma vieille planche à roulettes. Et commençai à tourner autour d'elle, un regard mauvais scotché sur le visage. Mon intention première était de me foutre de sa gueule et de me moquer d'elle. Mais je n'avais plus envie. Je m'arrêtai bien en face d'elle, faisant sauter mon skate pour le rattraper de mon bras droit ensuite. « Qu'est-ce que tu me veux ? » dis-je d'un ton froid. Je n'avais pas envie de rigoler. Plus maintenant, toute ma bonne humeur retombait. Je crois que je devenais allergique à cette nana.
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MessageSujet: Re: j't'veux, maintenant... pas le choix. enzo   Sam 27 Fév - 14:58

Tout le long du trajet je fis tout pour me tenir tranquille. Ne m'énervant pas contre les touristes qui me bousculaient, sans un désolé et un petit sourire... Quelle idée avais-je eu là ? Red light district... Pourquoi lui avais-je donné rendez-vous ici ? Alors que je savais pertinemment que c'était un des quartiers les plus visités de tout Amsterdam... Pourquoi les gens étaient-ils si étonnes de voir des sex-shops d'un côté et de l'autre des rues... En plus des vitrines, on se presse dans le quartier rouge pour fumer dans les nombreux coffee shops ou pour boire de la bière en regardant les matches de football sur écran géant dans les pubs ou dans les cafés bruns du quartier... Ce qui attire le plus les étrangers. Qu'ils soient britanniques, français, russes, chinois ou américains se sont plutôt les "smart shop" -ou il y a de la vente de champignons hallucinogènes- les "live sex show" - je ne vais pas vous expliquer ce que c'est vous devez bien le savoir. J'avais lus d'ailleurs que notre si belle ville était un Amsterdam du péché, de débauche et de chute. Amsterdam, ville exutoire à pulsions sexuelles et morbides. Il n'avait pas vraiment tort, mais nous n'avions souvient pas l'envie de voir cents cinquante mille personnes devant nos portes... Je marchais tranquillement dans la rue - surement un peu pressait de le voir, de le manipuler, de le briser... Je ne me rendais pas vraiment compte des gens que je frôlais. La drogue grillait petit à petit toutes mes neurones. Déjà que je n'en avais pas des masses. Alors là, pour le coup, j'en aurais encore moins… Je déambulais dans les rues. Dix heures moins vingt-cinq... J'avais la marge, vu que je savais pertinemment qu'il n'arriverait pas à l'heure...

Dix heures moins cinq. J'avais encore cinq minutes à tuer. J'étais passé chez Anouk pour prendre de ses nouvelles. Il paraissait heureux que viennent lui faire un petit coucou. Après tout, il me connaissait mieux que quiconque. Du moins, il ne connaissait que le strict minimum sur moi. Combien de fois m'étais-je installé au comptoir, en attendant que le temps passe. J'étais peut-être étudiante, mais fallait croire que mon emploi du temps se décharger au fur de semaine. Boh, cela m'allant amplement. J'y étais six heures par semaines et toute la soirée. Retrouvant mes marionnettes préférées. Mes marionnettes fétiches... Je pris donc un verre de vodka... Comme six ans auparavant... Six ans que j'avais quittés famille, pensionnat, manoir richissime, vie de princesse... Moi, une princesse ? Que nini, j'étais plutôt le vilain petit canard...

Dix heures pile. « Enzo, qu'est-ce que tu fous ? Ne m'oblige pas à appeler » J'essayais de garder mon calme en vain. Un homme à la peau brune se posa devant moi. Me caressant le bras, un sourire aux lèvres. « Ma belle, ça te dirai un petit tour dans la ruelle avec moi. » « Quoi ? » « Tu prends combien ? » Alors comme ça, il me prenait pour une pute ? Avais-je vraiment l'aspect d'une prostituée en recherche d'un morceau de viande ? Non. Il glissa ses mains rugueuses le long de mes avant-bras, avant de me prendre pas la taille... « Alors intéressé ? » Moi intéressée ? Jamais de la vie. Je le fixai avec un petit sourire. Il devait croire que la partie était gagnée d'avance, car il resserra son emprise... Je le fixai dans les yeux, passa ma langue sur mes lèvres... « Moi intéressée ? Désoler mon chou, mais je suis plus pour les hommes à la peau aussi blanche que moi, avec quelques piercings - un peu partout - avec des tatouages colorés... Qui boive autant que moi, qui touche un peu à des produits qui font planer... » « Oh... ben, alors tu ne sais pas ce que tu rates... » « Je ne rate rien, mais tu croyais vraiment que j'étais une de ses putes qui attendent gentiment sur un trottoir qu'un homme comme toi arrive » « Hum... mouai... » « Je vais faire une bonne action pour aujourd'hui ... » « ah bon ?... » Ajouta-t-il étonné. « ...laisse-moi finir. Va à cette adresse... Dit que tu viens de la part de Meike... Et demande une certaine Calypso... » Un sourire « Merci... » Il repartit donc heureux. Calypso ? Quoi ne me regardait donc pas comme cela. C'était une des putes de mon dealer... Autant lui faire gagner un peu de frique et moi - en donnant mon nom - avoir un peu plus de ses merveilleux produits de luxes... Attende... Aller Enzo, bouge ton p'tit cul ...

Dix heures cinq. Il n'était toujours pas là. Croyait-il vraiment que j'allais l'attendre patiemment sans me mettre en rogne ? Je n'étais pas du genre à faire la gentille petite fille patiente. Non, moi j'étais un genre de fille que vous voyez dans les dessins animées, j'ai toujours le rôle de la méchante. Faut dire que je cultivais ce rôle depuis ma plus tendre enfance et je fessais tout pour l'être. J'idole les méchantes dans les Walt Disney, elles mourraient peut-être très jeunes, mais elles arrivaient toujours à manipuler une personne, voir un groupe entier. Mon préféré ? Hum... je n'avais jamais réfléchi à cela... Scar surement... Un vieux lion croûton, mais il est sans pitié. Je l'idole car il n'hésite pas à décimer sa famille, il est en cela le plus cruel et le plus mauvais des vilains... Me voilà, en train de vous parler de dessins animée... Même les personnes les plus machiavéliques, les plus cruelles peuvent avoir un peu de gaité, de bonheur, d'humanité. J'attendais encore et toujours... Soupirant, tapant du pied de temps en temps...

Dix heures dix. Rien. Toujours rien. J'attrapai mon cellulaire. Résolu à l'appeler et l'engueule... Mais je n'avais pas envie d'attendre les trois sonneries. Peut-être avait-il éteint son antique portable ? Fort possible, autant attendre un peu. Première de ma part. J'attendais... Dix heures onze... Dix heures douze... Dix heures treize... Dix heures quatorze...

Dix heures et quart. J'allai partir chez lui. En sachant très bien que Magda serait dans les parages... Je ne voulais pas qu'elle découvre mon petit secret avec Enzo... Elle m'avait toujours reproché ma façon de manipuler les gens... Elle était la seule personne avec qui je ne pouvais jouer... J'avais l'impression d'être comme elle... Elle était semblable à ma mère... Elle me fessait penser à ma mère... Je ne voulais pas perdre une seconde personne aussi gentille... Elle connaissait mes secrets - le décès de ma mère, mon père et tout le reste - et je connaissais les siens... Bref, je m'apprêtais à partir quand je vis un homme sur un skate arrivait près de moi... Celui-ci tournait autour de moi... Un sourire enfantin au visage... Je n'avais pas envie de rire... Oh non, je poirotais depuis quinze bonnes minutes que monsieur veulent bien se décider... Et voilà qu'il arrivait, penaud et agressif... « Qu'est-ce que tu me veux ? » Bon, il avait peut-être ces raisons... J'étais agressive dans mes messages. Depuis six ans, que je le connaissais il ne m'avait jamais paru d'aussi mauvaise humeur... Pfff, ses hommes... Je le regardais - il venait de se planter devant moi... « Hum, agressif de bon matin. J'aime. » Ironie de ma part, ajoutai avec un sourire « Qu'est-ce que je te veux ? Devrais-je avoir une raison pour te voir ? Tu me déçois là. Enzo, qu'est-ce qui s'est passé y a six ans ? Malheureusement, tu m'as connu... Je voulais te proposer un p'tit cocktail explosif ... Ne me dis pas non... Je serais déçu... » Ajoutais-je en montrant le contenu de mon sac à mains... Sac de coke, diverses petites gélules de couleurs différentes... Les spécialités de Bronagh - mon dealer ... « aller viens... » En le prenant par le bras. J'espère qu'il allait me suivre. Sinon, la crise allait arriver. Il ne valait mieux pas pour lui que je monte sur mes grands chevaux... Conseil d'ami... Ou de manipulateur...
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Enzo C. Burton
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MessageSujet: Re: j't'veux, maintenant... pas le choix. enzo   Sam 27 Fév - 20:15

Nous étions tous les deux plantés au milieu du trottoir. Empêchant ainsi un bon nombre de personne de passer. Si Meike ne voulait pas se faire remarquée, c'était loupé. Je n'aimais pas son petit sourire ironique. Même si c'était en parti lui qui avait fait que je me soit intéressé à elle, six ans auparavant. Quel abruti j'étais, à l'époque. J'en loupais vraiment pas une. Quoi qu'il en soit, j'avais d'autres projets pour la journée. Alors, je n'exigeais qu'une seule chose, sous mon masque d'agressivité et de froideur, qu'elle se dépêche de me dire pourquoi elle voulait absolument me voir. Et ici, qui plus est. Elle devait vraiment être défoncée lorsqu'elle m'avait donné l'endroit du rendez-vous. Quelle idée. C'était presque un miracle, enfin non une malédiction plutôt, que je réussisse à la trouver. J'aurais pu passer à trois mètres d'elle, sans la remarquer et continuer mon chemin tranquillement, mais non : il avait fallu qu'elle soit là. J'avais vraiment la poisse. J'étais assez en rogne en fait. Elle m'agaçait. J'aurais dû lui foutre un lapin. Ouais, j'aurais dû mais, comme un con, je ne l'avais pas fait. Je me décevais moi-même pour le coup. Je détaillais la jeune femme. Elle portais un espèce de pantalon en cuir plus que moulant. Je me demandais si on ne la prenais pas pour une prostituée. Il y avait fort à parier que si. Des chaussures à talons, un tee-shirt imprimé et une veste en cuir. Tout à fait son style. Au moins, elle n'avais pas changé de look depuis un mois. « Hum, agressif de bon matin. J'aime. » Et moi je n'aimais pas son ironie. Je n'étais pas d'humeur, je n'avais absolument pas envie de faire de l'auto-dérisoire avec elle. Surtout pas avec elle. Elle continua sur sa lancée. Je suis peut-être un peu macho sur les bords mais, parfois les femmes parlent trop. Elles délattèrent pendant une heure sur un truc qui se résume en une phrase, c'est dingue. « Qu'est-ce que je te veux ? Devrais-je avoir une raison pour te voir ? Tu me déçois là. Enzo, qu'est-ce qui s'est passé y a six ans ? Malheureusement, tu m'as connu... Je voulais te proposer un p'tit cocktail explosif ... Ne me dis pas non... Je serais déçu... » Garder son calme, il faut garder son calme. Histoire de ne pas faire un meurtre dans le quartier rouge. Le meurtre du quartier rouge... Ça sonne plutôt bien. Voyant mon manque de réaction, elle poursuivit. Personnellement je n'avais pas envie qu'elle poursuive, mais vous avez déjà essayer de faire taire une nana vous ? Ce n'est pas un risque à prendre, je vous le garantis. « Aller, viens... » Pour tout vous dire, je n'éprouvais nullement le besoin de la suivre. D'ailleurs, j'allais la remballer quand un monsieur au ventre proéminent me bouscula. Je manquai de me casser la figure en emportant Meike dans ma chute mais, cela n'arriva pas. On dit merci aux vieux réflexes et à mon sens de l'équilibre. « Nan, mais tu pourrais faire gaffe putaaain ! » m'exclamai-je aussitôt. Je n'aimais pas être bousculé. De dos à Meike, je commençais à perdre patience. De plus, j'avais beau attendre des excuses, tout ce que j'entendis, ce fut des insultes, des insultes et des phrases carrément nazes, comme le mec qui les prononçaient. « Tu vas la fermer petit salopiaud. C'est qui qui reste planté en plein milieu du passage ? C'pas l'père noël. Regardez-moi ça, un p'tit délinquant. T'as pas honte de te promener avec tous ses tatouages ? Maintenant, tu dégages et tu me laisses passer ! » N'avais-je pas dis que j'étais de mauvaise humeur ? « Écoute gros lard. Mes tatouages t'emmerdent. Okay ? Si j'ai envie de rester au milieu du passage, j'y reste. T'as qu'à faire le tour, comme les gens civilisés à côté de toi. Alors, soit tu fais ça et tout ce passe bien, dans le calme, la joie et la bonne humeur. Soit j'envoie balader toute ta graisse et toi avec de l'autre côté de l'avenue. Tu captes ? » Fidèle à moi-même, je faisais dans l'ironie et le cynisme. Les gens comme lui m'insupportaient. Il y avait toujours des grandes gueules dans son genre pour la ramener. J'oubliais presque la présence de la fille que j'étais venu voir. « Tu me menace, p'tit con... ?! Tu vas voir qui c'est qui va voltiger à l'autre bout l'avenue, espèce de nain. » Après les menaces, il y avait les actes. J'étais du genre à agir avant de penser. Ainsi, je décochai une droite au perturbateur avant d'avoir eu le temps de réfléchir. Impulsif, c'était le mot qui me convenait le mieux je pense. Les gens avaient fait un espèce de rond autour de nous. Mais personne ne disait mot. Ils observaient tous le gros tas de mou au sol. J'avais presque envie de compter comme dans un match de boxe, quand l'adversaire est au sol. Pas d'inquiétude, le gars se releva rapidement, même si je me demandais dans quel état était sa mâchoire. Il cracha au sol. Avant de marmonner quelque chose - qui ressemblait plus à de l'arabe qu'autre chose - et de se frayer un passage à travers la masse de gens. « Tsss. Ça parle beaucoup, mais ça n'a absolument rien là où j'pense. » Les gens me regardaient, comme si j'étais une bête de foire. « Vous comptez rester là encore longtemps ? Vous avez pas autre chose à foutre, franchement ? Circuleeez, y a rien à voir. » Et la masse se dispersa. Je posai mes fesses sur le sol. J'en avais marre de rester debout. Tournant la tête vers Meike, je repris la parole tout en posant mon skate sur mes genoux. « Nan. J'viens pas. » C'était clair, net et précis. Pas de blabla inutile. Je n'avais pas envie de venir, alors je ne venais pas. Fin de la discution. Je savais qu'elle n'aimait pas que l'on lui refuse quelque chose et donc, qu'elle allait sûrement s'énerver ou un truc du genre. Tant pis. Moi, je n'avais pas envie de me droguer, là, tout de suite. J'avais mes horaires. Je ne la voyais pas l'expression de son visage. Je n'avais pas vraiment envie de la voir. Elle devais être contente. J'avais perdu mon calme et m'étais défoulé sur l'autre mec. Elle avait eu droit à un petit spectacle, comme elle les aimait. Il aurait dû se la fermer aussi. Non pas que je n'assume pas mes actes mais, en face de cette fille, je perds rapidement mon "self-control". On m'avait déjà conseillé de faire du yoga... Quelle idée. J'étais spontané et impulsif avec une petite tendance violente sur les bords, comme si ces trucs chinois allaient y arranger quoi que ce soit. « Tu as quelque chose à ajouter avant que je ne m'en aille ? » Demandai-je simplement. Curieux d'entendre ses arguments.


c'est nul --'. je sais, désolé.
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r. meike weilburg



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MessageSujet: Re: j't'veux, maintenant... pas le choix. enzo   Dim 28 Fév - 16:21

Que nous apporte la vie ? Souffrance. Douleur. Trahison. Plaisir. Infidélité. Mariage. Divorce. Naissance. Mort. Maladie. Pleure. Rire. Sexe. Fête. Abus. Travail. Sommeil. Nous avons une quantité importante d'adjectif pour d'écrire ce que la vie nous apporte. Pouvons-nous réellement vivre la vie qui nous est destinée ? Non, nous nous cachons derrière des masques. Cachant ainsi non faiblesse, nos peurs, nos doutes, nos envies, nos désirs, nos rêves... Je fais partie de ce genre de personnes. De celle qui se cache derrière un masque. Mon masque est celui de la joie de vivre, alors qu'au fond j'ai mal, je souffre... Je n’avais jamais voulu montrée cette facette de moi. Personne ne devait connaitre la Meike triste, malheureuse et solitaire. Une enfant brisée par le remord, une vie sans une mère. Un père qui n’avait jamais voulu de moi. « Maudit soit cette Meike, j’aurais tant aimé avoir un file. Il ne serait pas comme cette enfant. Il serait plus calme, attentif et patient. Le Diable est entré dans son corps. Il n’en sortira surement jamais. » Il était vraiment insupportable. Je mettais rebellée à l'âge de trois ans. J'avais commencé très jeune vous me diriez. Que voulez-vous, supporteriez-vous les commentaires horribles d'un père qui aurait dû passer plus de temps avec vous. Après la mort de ma mère, il m'avait accusé moi de l'avoir tué. Comment une enfant de huit ans pouvait tuer sa maman ? Alors que cette même petite fessait tout pour qu'elle soit fière d'elle. Je l'aimais et je fessais tout pour elle. Je m'étais même mise à la danse pour elle. Je n'aimais pas porter ses affreux tutu rose avec ses ballerines qui me fessaient atrocement mal au pied quand je les portée. Je continuais la danse classique pour elle. Je voyais dans ses yeux verts qu'elle était heureuse pour moi. Elle me disait toujours qu'elle aurait aimé danse. Malheureusement pour elle, sa paralysie l'en empêchait...

Je ne me sentais pas du tout dans mon assiette... J'avais mal au ventre et la tête qui tournait. Je n'entendis pas de suite la réponse de Mister Enzo .« Nan. J'viens pas. » Habituellement, je me serais mise en colère. J'aurais fait une crise en public. Pour qu'il soit le coupable de ma petite manigance. Après, il n'aurait pas su où se mettre et aurait accepté... Pourquoi les souvenirs refessaient surface. Pourquoi maintenant ? Fessais-je un bad-trip. Les principales symptômes : Il peut se caractériser par une forte montée d'angoisse, par des crises de phobie, une paranoïa, une crise de panique ou une psychose. Dans la panique générée par son état , l'usager peut devenir violent envers lui-même ou envers autrui. C'était à peu près ce que je ressentais exactement. Tellement j'ai angoissé que je ne vis pas l'affrontement d'Enzo et de l'homme a forte corpulence... Je ne vis ni le poing partir, ni l’homme tombait à terre… Enzo était entouré d’une foule de gens, j’étais parmi eux. Seule. Dans mon monde. Les souvenirs étaient présents, je voulais qu’ils sortent définitivement de ma tête. « Tu as quelque chose à ajouter avant que je ne m'en aille ? » Sa question me fit sursauter. Il était assis devant moi. Son skate sur les genoux, avec un air enfantin. Il avait l'air de souffrir. Six ans, qu'il supportait mes manipulations. Il ne disait rien, il n'avait jamais rien dit. Ou du moins, n'avait jamais rien dit ou montrer sa douleur. Je l'avais vu souvent énervée, mais jamais dans cet état-là. Etais-je un poids pour lui ? Une tache d'ombre dans sa vie...

« Et bien, si tu ne veux pas venir... » Je le regardai, puis tourna la tête, tout en soupirant. Ses doses de coke ne m'avait vraiment pas fait du bien. J'étais un peu trop gentille. Je me posai devant lui et m'assis à ses côtés. Dans une rue envahit. Où les passants nous regardaient comme de pauvres clochards... Deux miséreux. « ...et bien, je reste là avec toi. Je sais, je ne suis pas un cadeau. Un cadeau pour personne. Il faut croire que je t'apprécie un minimum... Tu es le seul - que j'oblige à être avec moi depuis six ans ... Désolé de te faire vivre un enfer... De te faire vivre mon enfer... Tu es peut-être la seule personne qui me fait voir que ma vie est réellement un enfer. Que je suis un être vraiment méchant... C'est pour cela que je te demande à chaque fois... Tu es un défi pour moi... Un mystère total... » Révélation. Confession. Je n'étais vraiment pas dans mon état habituel. Au secours, sortez-moi de là...

La vie, ce n'est pas un cadeau. On fait avec ce que l'on a et non avec ce que l'on veut... Que nous apporte la vie ? Conclusion. On souffre. On ressent de la douleur. On est trahison. On a du plaisir. On est infidélité. On fait un beau mariage. On divorce. On donne naissance. On meurt. On est souvent maladie. On pleure. On rire. On a le sexe. On fait la fête. On abuse des sentiments. On travail. Pour enfin avoir sommeil... Vie bien cruel quand on sait qu’elle est semait d’obstacle… J’étais un obstacle. Sons obstacle. Il ne vivrait pas tranquille temps que je serais ici… Que je l’appellerais à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Que je suis cruelle !


non, ça va mais le mien est bof -.-'
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MessageSujet: Re: j't'veux, maintenant... pas le choix. enzo   Ven 5 Mar - 19:39

Ses yeux s'assombrissaient au fil des secondes. Je le devinais en voyant son visage. Elle avait sursauter en entendant ma dernière question. Chose inhabituelle. La Meike que je connaissait n'était que très rarement, voir jamais, surprise. De plus, il n'y avait rien de surprenant dans cette phrase. J'en déduisais donc qu'elle ne m'écoutait pas vraiment, jusqu'à maintenant. Qu'avait-elle ? Je n'en avais absolument aucune idée. Et, pour ne rien arranger, je n'avais absolument pas envie de savoir quoi que ce soit à son sujet. J'en savais déjà beaucoup trop d'elle, de mon point de vue qui n'était, en passant, pas vraiment le sien. Elle ne voulait pas me lâcher et me harcelait presque son mon (vieux) portable. Bien que je ne l'ait plus trop vue depuis environ un mois, je n'avais pas envie que cela continu dans ce sens. Moins j'entendais parler de Meike Weilburg, mieux je me portais. Mais je n'étais pas un monstre, ni une brute sans cœur (quoique...). J'avais sûrement atteint ce que l'on appelle, le point de non-retour. Cette fille me faisait tourner en bourrique vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. Chose qui m'énervait, qui m'avait toujours énervé. Je m'étais souvent énervé contre elle, maintenant que j'y pensais. Mais jamais au point de lui faire face ainsi, au point de foutre à terre un inconnu ayant la langue un peu trop pendue. Rien à foutre. Ce n'était pas à moi de me reprocher quoi que ce soit. Il se passait des trucs louches depuis que je l'avais rencontré, six ans auparavant. Que ce soit en sa présence ou non. Bien que la plupart du temps elle était là. Je n'avais pas envie de la suivre pour me droguer. Enfin. La drogue me faisait envie. Un peu trop d'ailleurs. J'avais compris très vite que j'étais devenu accroc quelques mois après mon premier "rail". Mais pas avec elle. Et puis, elle n'avait pas besoin de moi pour planer un peu grâce à ses "produits magiques". La preuve : elle s'était déjà shootée ce matin. Sa voix étrange au téléphone ne pouvait être dû qu'à cela. Je réfléchissais. Meike me paraissait bizarre depuis quelques minutes. Effet de la drogue ? Hypothèse fort probablement juste. Elle me regardait. Me fixant, comme si elle voulait me mettre mal à l'aise. « Et bien, si tu ne veux pas venir... » commença-t-elle en tournant la tête sur le côté, avant de soupirer lentement. J'attendais la suite, assis sur le sol, qui était sûrement infesté de microbes en tout genres. Mais elle ne continua pas, du moins pas tout de suite. Elle se posa, à mes côtés dans la rue bondée. Je voyais certaines personnes se bousculer, d'autres freiner juste en face de nous, pour ne pas nous marcher dessus. Nous les faisions chier. Mais je n'en pris aucun plaisir. Meike était assise à côté de moi, et je réfléchissais, essayant de sortir de mon crâne toutes les choses inutiles et sans importance qui le peuplait. Qu'allait-elle faire ? Je détestais vraiment cette fille. Et une des raisons qui me poussaient à éprouver ce sentiment à son égard, était le fait qu'elle soit totalement imprévisible. Lorsque vous pensez qu'elle répondra noir, ce sera blanc. Lorsque vous êtes certains qu'elle se dirigera vers la gauche, elle ira vers la droite. Imprévisible et incompréhensible. Elle reprit la phrase qu'elle avait laissée en suspend. « ...et bien, je reste là avec toi. Je sais, je ne suis pas un cadeau. Un cadeau pour personne. Il faut croire que je t'apprécie un minimum... Tu es le seul - que j'oblige à être avec moi depuis six ans ... Désolé de te faire vivre un enfer... De te faire vivre mon enfer... Tu es peut-être la seule personne qui me fait voir que ma vie est réellement un enfer. Que je suis un être vraiment méchant... C'est pour cela que je te demande à chaque fois... Tu es un défi pour moi... Un mystère total... » me balança-t-elle à la figure. Je ne compris pas tout de suite le sens des mots qu'elle avait prononcé. Désolé. Défi. Mystère. C'est trois mots avaient finis par m'interpeler. Meike Weilburg était désolé. En effet, maintenant, c'était sûr et certain, elle n'était pas dans son état normal. J'en étais presque choqué. Elle avait également dit une chose. Non, deux choses, qui signifiait beaucoup trop de choses. Je représentais un défi pour elle, j'étais "un mystère total". Pourtant. Je n'étais absolument pas différent des autres personnes peuplant cette Terre. Je dormais, je mangeais, je pétais, je pissais. Comme tout le monde. Selon elle, j'étais différent. Encore un rapport avec mes tatouages, je supposais. Cela ne pouvait être que cela. Personne n'avait réussi à me comprendre réellement, personne ne s'était donné la peine de me comprendre réellement. Ma mère m'avait fait consulter un psy, lorsque j'étais gosse. J'avais joué à l'abruti sans cervelle, en pleine rébellion. Et il n'y avait vu que du feu. Ma mère également. Désespérant. Parler de ses problèmes à quelqu'un qui ne pense qu'à remplir ses poches, quelle idée idiote. Typique de ma mère. Je regardais Meike. Elle paraissait complètement paumée dans ses pensées. À quoi pensait-elle ? Je n'étais pas télépathe. Même si, à ce moment précis, j'aurais bien voulu l'être. « Tu comptes rester ici, là, par terre. Toi ? Tu sais que c'est carrément dégueulasse et qu'on ressemble à deux clodos là. T'en est consciente au moins ? T'as pris quoi... ? Tu te rends même pas compte de ce que tu dis. Tu vas m'faire flipper. » Sans trop m'en rendre compte, je commençais à m'inquiéter pour elle. Comme si deux voix se battaient entre-elles pour m'informer sur ce que je devrais et ne devrais pas faire. C'en était presque flippant. Presque. Je la regardais. Il ne se passait pas grand chose. Les gens juraient autour de nous. Le soleil brillait (chose très rare). Et j'étais presque en train d'oublier que j'avais des projets pour la matinée. Comme quoi, une Meike Weilburg peut vous foutre en l'air tout l'emploi du temps d'une journée. Ou, au moins, d'une matinée. Elle semblait dans son monde. Un doute surgit dans ma tête. Était-elle atteinte de schizophrénie ? Cela expliquerait pas mal de chose. « Ouhou. J'te cause. » L'interpelai-je. Histoire de la faire réagir un peu. Je commençais à me poser des questions. J'étais dans cette état là, moi aussi, lorsque je prenais de la drogue ? J'espérais intérieurement que non. Parce qu'elle me faisait presque pitié. Oui, vous avez bien compris. J'avais pitié de Meike Weilburg.
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